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Histoire > Effort de colonisation

« Trois commissaires : Frederick Baddeley, ingénieur, Joseph Hamel, arpenteur provincial, et un dénommé Evrington explorent la Gaspésie en 1833 et découvrent un colon à Heppell. Vers 1830, le navigateur Joseph Barthe disait que la Gaspésie était une forêt primitive, épaisse, sauvage et pour ainsi dire impénétrable au-delà de la Rivière Matapédiac.

La Gaspésie était un pays séquestré du Bas-Canada mais, en 1833, il y a un gros changement : le chemin Kempt est terminé depuis un an! Une commission est créée la même année et est chargée par le gouvernement canadien d'explorer les parties éloignées du district de Québec.

Les trois commissaires nommés ci-dessus quittent Québec le 1er septembre, à bord de la goélette la Lazy et arrivent à Grand-Métis le 6 septembre. Dès le lendemain, le groupe commence sa marche vers le lac Matapédiac par le chemin qui a été fait dernièrement
pour ouvrir une communication avec la Baie-des-Chaleurs. Evrington est chargé de tenir le journal et il note l'inscription, écrite par Éric J. Fournier, arpenteur, sur une borne du chemin Kempt au bout du lac Matapédia : chemin de 25 milles et 51 chaînes depuis cette borne jusqu'à la pointe aux Cenelles au Grand-Métis.

Ce chemin a été tracé par le Major F. Fournier et fils, en 1829, et fait par le Major A.F. Wolf en 1830. Plus loin, Evrington note que les affluents les plus considérables de la Matapédiac sont les rivières Causapscol et Kassimaquagan. Ce nom de Causapscol est aussi attribué à tout le pays avoisinant la jonction des rivières Matapédia et Causapscal. C'est aussi la date la plus lointaine où le mot Causapscal (Causapscol) est cité dans les documents.

« Nous sommes arrivés à la Rivière Causapscol à 11 1/2 heures, nous avons dîné et nous nous sommes séchés et réchauffés sur sa rive gauche (comme ils descendaient, c'est sûrement sur le terrain de la Matamajaw). Ici, nous avons caché des provisions pour les reprendre à notre retour, projeté de Gaspé au travers du bois. Ce dépôt consistait en 20 livres de lard et 60 livres de « fleur »; le tout enterré dans un sac ciré qui fut recouvert d'écorce de bouleau et enterré au pied d'un grand cèdre. Nous nous sommes embarqués à 1 heure et en descendant la rivière encore trois milles environ (sûrement à Heppell), nous avons aperçu un défrichement où l'on fait du bois, et après avoir crié, un homme est apparu. Nous avons continué de descendre à raison de cinq ou six milles à l'heure. Vers 4 heures, nous avons aperçu un autre défrichement (à Glen Emma?) où un groupe de bûcherons avait établi un chantier; ils nous ont informé que le sol était excellent mais que le bois n'était pas sain. »

Une fois la rivière descendue, les trois commissaires se rendirent à pied à Restigouche où ils arrivèrent le 11 septembre. Puis, grâce aux guides indiens, ils purent se séparer pour explorer une plus grande partie du territoire de la Gaspésie. On sait qu'ils explorèrent les rivières York, Cascapédia, Grande-Rivière. Baddeley revint à Restigouche avant les deux autres et il tenta en vain d'engager deux Indiens pour revenir à Métis. Il note : « Je fis une tentative infructueuse pour revenir vers l'Ouest, en suivant en partie la direction qu'on avait projeté, c'est-à-dire, par la route de Causapscol du lac Matapédiac et de Métis afin de retourner à Québec. » (Il devait penser aux provisions!) Plus tard, les autres le rejoignirent dans la baie des Chaleurs et ensemble, ils prirent une goélette pour arriver à Québec le 1er novembre 1833 et les provisions furent perdues! En terminant, revenons sur le chemin Kempt. En 1824, le chemin du Roi qui longe le Saint-Laurent est ouvert jusqu'à Métis. Quelques années auparavant en 1818, le gouvernement, craignant une invasion des Américains comme en 1812, décide d'explorer la vallée de la Matapédia pour vérifier les possibilités de construire une route militaire. C'est l'arpenteur Joseph Bouchette qui prend charge des travaux. Une autre exploration est faite en 1824 par James Crawford, mais on ne prend pas de décision… En 1829, c'est William McDonald et l'arpenteur Éric J Fournier qui font le tracé d'une route de 98 milles entre Métis et Restigouche. La construction commence en 1830, prend deux ans et coûte 30 000 $. En anglais, on l'appelait Kempt Road, ce qui a donné notre Kempraul.

 
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