Histoire

Photo de Louis-Philippe Cusson

Histoire

Dès la construction du chemin de fer Intercolonial, à la fin du XIXe siècle, ces vocations se sont affirmées fortement.

La voie ferrée allait rendre la région plus accessible et favoriser une exploitation forestière florissante.

L'établissement d'un domaine de pêche par Lord Mount Stephen allait faire de Causapscal un lieu de villégiature privé parmi la haute société anglaise, américaine et canadienne anglaise.

 

Le domaine fut racheté et porta le nom de Matamajaw Salmon Club avant de devenir un bien culturel classé.

C'est encore aujourd'hui, avec la pêche au saumon, le moteur de l'industrie touristique matapédienne.

Un circuit comprenant la visite du Site historique Matamajaw, de l'église, des sentiers Les Berges et Les Mémoires, d'expositions et d'événements sont à voir durant l'été!

 

La morphologie unique du site sur lequel la ville s'est construite explique son pouvoir d'attraction sur les voyageurs de passage.

L'église érigée sur une élévation naturelle au centre de la ville parachève ce magnifique paysage naturel et architectural.

Quelques dates

Quelques dates… d'un autre siècle !

  • 1839 – Premier poste placé à Causapscal
  • 1857 – Abandon du chemin Kempt et adoption d'un nouveau tracé du chemin Matapédia
  • 1868 – Construction du chemin de fer Intercolonial
  • 1876 – Inauguration du tronçon de la ligne Sainte-Flavie – Campbellton
  • 1880 – Ouverture de la première école
  • 1882 – Construction de la première chapelle
  • 1893 – Première industrie laitière
  • 1896 – Érection canonique

Effort de colonisation

« Trois commissaires : Frédérick Baddeley, ingénieur, Joseph Hamel, arpenteur provincial, et un dénommé Evrington explorent la Gaspésie en 1833 et découvrent un colon à Heppell. Vers 1830, le navigateur Joseph Barthe disait que la Gaspésie était une forêt primitive, épaisse, sauvage et pour ainsi dire impénétrable au-delà de la Rivière Matapédiac.

La Gaspésie était un pays séquestré du Bas-Canada mais, en 1833, il y eut un gros changement : le chemin Kempt est terminé depuis un an! Une commission est créée la même année et est chargée par le gouvernement canadien d'explorer les parties éloignées du district de Québec.

Les trois commissaires nommés ci-dessus quittent Québec le 1er septembre, à bord de la goélette la Lazy et arrivent à Grand-Métis le 6 septembre. Dès le lendemain, le groupe commence sa marche vers le lac Matapédiac par le chemin qui a été fait dernièrement pour ouvrir une communication avec la Baie-des-Chaleurs. Evrington est chargé de tenir le journal et il note l'inscription, écrite par Éric J. Fournier, arpenteur, sur une borne du chemin Kempt au bout du lac Matapédia : chemin de 25 milles et 51 chaînes depuis cette borne jusqu'à la pointe aux Cenelles au Grand-Métis.

Ce chemin a été tracé par le Major F. Fournier et fils, en 1829, et fait par le Major A.F. Wolf en 1830. Plus loin, Evrington note que les affluents les plus considérables de la Matapédiac sont les rivières Causapscol et Kassimaquagan. Ce nom de Causapscol est aussi attribué à tout le pays avoisinant la jonction des rivières Matapédia et Causapscal. C'est aussi la date la plus lointaine où le mot Causapscal (Causapscol) est cité dans les documents.

« Nous sommes arrivés à la Rivière Causapscol à 11 1/2 heures, nous avons dîné et nous nous sommes séchés et réchauffés sur sa rive gauche (comme ils descendaient, c'est sûrement sur le terrain de la Matamajaw). Ici, nous avons caché des provisions pour les reprendre à notre retour, projeté de Gaspé au travers du bois. Ce dépôt consistait en 20 livres de lard et 60 livres de « fleur »; le tout enterré dans un sac ciré qui fut recouvert d'écorce de bouleau et enterré au pied d'un grand cèdre. Nous nous sommes embarqués à 1 heure et en descendant la rivière encore trois milles environ (sûrement à Heppell), nous avons aperçu un défrichement où l'on fait du bois, et après avoir crié, un homme est apparu. Nous avons continué de descendre à raison de cinq ou six milles à l'heure. Vers 4 heures, nous avons aperçu un autre défrichement (à Glen Emma?) où un groupe de bûcherons avait établi un chantier; ils nous ont informé que le sol était excellent mais que le bois n'était pas sain. »

Une fois la rivière descendue, les trois commissaires se rendirent à pied à Restigouche où ils arrivèrent le 11 septembre. Puis, grâce aux guides indiens, ils purent se séparer pour explorer une plus grande partie du territoire de la Gaspésie. On sait qu'ils explorèrent les rivières York, Cascapédia, Grande-Rivière. Baddeley revint à Restigouche avant les deux autres et il tenta en vain d'engager deux Indiens pour revenir à Métis. Il note : « Je fis une tentative infructueuse pour revenir vers l'Ouest, en suivant en partie la direction qu'on avait projeté, c'est-à-dire, par la route de Causapscol du lac Matapédiac et de Métis afin de retourner à Québec. » (Il devait penser aux provisions!) Plus tard, les autres le rejoignirent dans la baie des Chaleurs et ensemble, ils prirent une goélette pour arriver à Québec le 1er novembre 1833 et les provisions furent perdues! En terminant, revenons sur le chemin Kempt. En 1824, le chemin du Roi qui longe le Saint-Laurent est ouvert jusqu'à Métis. Quelques années auparavant en 1818, le gouvernement, craignant une invasion des Américains comme en 1812, décide d'explorer la vallée de la Matapédia pour vérifier les possibilités de construire une route militaire. C'est l'arpenteur Joseph Bouchette qui prend charge des travaux. Une autre exploration est faite en 1824 par James Crawford, mais on ne prend pas de décision… En 1829, c'est William McDonald et l'arpenteur Éric J Fournier qui font le tracé d'une route de 98 milles entre Métis et Restigouche. La construction commence en 1830, prend deux ans et coûte 30 000 $. En anglais, on l'appelait Kempt Road, ce qui a donné notre Kempraul.

Premiers habitants

« Causapscal, comme l'ensemble de la Vallée, était une immense forêt habitée par les bêtes sauvages. La colonisation était à son début. Et pourtant, ce vaste territoire avait attiré l'attention des premiers gouverneurs de notre pays. Dès le XVIIe siècle, en 1694, Frontenac avait concédé un certain territoire dans la seigneurie du lac Matapédia au sieur Charles Joseph D'Amours de Louviers. Cependant, il est certain que pas un seul colon ne vint s'établir dans cette seigneurie avant 1833. » Extrait du livre : Un site enchanteur de la Vallée de la Matapédia, Causapscal par Lambert Closse, 1928.

Jonathan Noble

Premier habitant de Causapscal (1796 — 1868)
Gardien du 2e poste Les Fourches dès 1839. Il fut le seul habitant jusqu'en 1865.

David O'Reilly

Deuxième habitant de Causapscal (1833 — 1918)
Marié à Élisabeth, fille de Jonathan Noble.
Il héritera des propriétés de Noble et les vendra à Lord Mount Stephen.

Lord Mount Stephen

Bienfaiteur de Causapscal (1829 Écosse — 1921 Angleterre)

Tiré du journal Star, lors de sa mort survenue le 30 novembre 1921 : "Lord Mount Stephen, one of the builders of Canadian is dead. His career was one of the most striking and romantic in Canadian history".

On lui doit la construction à travers le Canada de la ligne du chemin de fer de la Confédération. Si Lord Mount Stephen a été des plus grands financiers du Canada, il fut aussi un grand "sportsman". Il a acheté les propriétés de David O'Reilly et loua du gouvernement les rivières Matapédia et Causapscal.

Tous les étés, il venait à Causapscal avec ses amis pour y faire la pêche au saumon. Plus tard, il vendra ses propriétés au Club de pêche au saumon de Ristigouche.

Voyage historique

Vers 2 h 30 de l'après-midi, le 19 janvier 1787 Charles Robin de la Charles Robin & Co. de Paspébiac décide à cause du froid d'établir son campement pour la nuit à Causapscal. Il est accompagné de cinq hommes et ils se dirigent vers Québec.

En 1760, la bataille de la Ristigouche met fin à la possession du Canada par la France. Les gens de Jersey, dont l'île est propriété de l'Angleterre, sont de bons navigateurs et excellents commerçants bilingues (l'île faisant partie du duché de Normandie lors de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066). Les Jersiais arrivent donc sur nos côtes pour y pêcher le poisson le plus prolifique au monde : la morue! Dès 1766, Charles Robin est présent en Acadie où il détient une franchise au nom de la Robin, Pipon & Co. Mais les corsaires américains lui font la vie de plus en plus difficile si bien qu'en 1778, deux ans après la déclaration d'indépendance américaine, toutes ses installations à Artichat au Cap Breton et à Paspébiac dans la baie des Chaleurs sont pillées et brûlées. N'ayant pu obtenir la protection de la Marine royale, il fuit le Canada pour cinq ans.

En 1783, il fonde sa propre compagnie, la Charles Robin & Co. (CRC). Il est de retour en Gaspésie, son siège social est à Paspébiac et il entreprend la construction de ses installations sur le banc. Certaines bâtisses sont encore existantes. Les affaires de pêche que brassaient Charles Robin l'obligeaient à rencontrer le gouverneur général du Canada, Lord Dorchester, qui résidait à Québec. Comme il était très occupé pendant la saison de navigation et de pêche, il dut se résigner à aller le rencontrer pendant l'hiver! Mais, aller de la Baie-des-Chaleurs à Québec en plein hiver dans ce temps-là, c'était toute une aventure. Il fallait marcher de Paspébiac à Trois-Pistoles avant de pouvoir utiliser les chevaux.

Comme Charles Robin tenait son journal, il a été possible à monsieur Arthur Legros qui fut gérant général de la Cie Robin, de nous décrire ce voyage dans la Revue d'histoire de la Gaspésie. « Le lundi 8 janvier 1787, à 6 heures du matin, il quitte sa maison de Paspébiac avec James Huard et le fils de celui-ci; ils déjeunent à New Carlisle vers 7 heures puis, ils se dirigent vers Bonaventure à 10 heures. Vers midi, ils sont chez Jean Arsenau où ils dînent. Le 9 janvier, ils traversent la rivière Caplan. Le 10, la température est belle et ils marchent sans raquettes! À 1 heure, ils sont à Tracadiguèche (plus tard on dira Tracadièche et aujourd'hui Carleton). À 3 heures, ils arrivent chez Urbain Jean à Nouvelle où il conclut une entente avec deux hommes qui vont aussi l'accompagner à Québec. Le samedi 13, on prépare les provisions qui sont attachées sur des traîneaux. Un dénommé D'Ambroise va diriger l'expédition. Les renseignements des 14 et 15 janvier manquent, la page du journal ayant disparu. Le 16, ils se dirigent vers la rivière Matapédiac. La glace défonce plusieurs fois, ils sont tous trempés. Le 18, il y a un pied de neige molle sur la rivière, ils avancent difficilement et la glace est dangereuse. En cette journée, le groupe a progressé d'à peine 3 1/2 lieues (environ 10 milles) et la nuit fut très froide!

Le vendredi 19 janvier, on dut faire halte pour la nuit à la fourche d'une rivière aussi grosse que la Matapédia; c'était la rivière Causapscal. Il était seulement 2 1/2 heures mais, il faisait trop froid pour continuer. Le samedi à 10 1/2 heures, on arrivait au premier lac : le petit lac Matapédia (Lac-au-Saumon) qui a une lieue de longueur et un mille de largeur. Le lundi 22 janvier, le groupe atteint le partage des eaux entre le lac Matapédia et le fleuve Saint-Laurent. Le 23, ils aperçoivent le fleuve du haut des montagnes. Les 25 et 26, ils sont à Rimouski où ils rencontrent Germain Lepage et le 29, ils atteignent Trois-Pistoles d'où il est possible de continuer en carriole. Le 31, ils dînent à Rivière-du-Loup puis, on parle de Camarasca, Islette, St-Ann et St-Roc…

Enfin, le voyage se termine à Québec le 2 février. Vingt-sept jours dans la neige dont seize entre Nouvelle et Trois-Pistoles! Il fallait de bien bonnes raisons pour faire un tel voyage… Les jours suivants sont consacrés à diverses rencontres et le 26 février, à 8 heures c'est le départ de Québec. Le 3 mars, ils sont à Trois-Pistoles, le 10 au lac Matapédia, le 16 à Restigouche et le 17 mars de retour à Nouvelle.

Un riche patrimoine médical à Causapscal

Le Dr Joseph Frenette a pratiqué à Causapscal de 1905 à 1953. Diplômé de l'université de Montréal en 1892, sa carrière s'est étendue sur une période de 57 ans.

À son arrivée, seule une route de terre, fermée l'hiver, ceinturait la Gaspésie. L'hôpital le plus proche était situé à Québec. Ces conditions ont amené le médecin de campagne à devoir pratiquer diverses chirurgies, la dentisterie et à fabriquer ses propres médicaments. Cette polyvalence a amené le Dr Frenette à posséder un grand éventail d'instruments. La Collection Frenette serait une des plus riches collections d'objets de médecine au Canada selon la firme de conseillers en patrimoine Bergeron-Gagnon. À tout ce savoir-faire, il faut ajouter l'héritage intellectuel laissé par le Dr Frenette et sa famille. Leurs liens familiaux et amitiés avec, entre autres, Laure Conan et Ernest Gagnon sont à la source d'une riche correspondance. De nombreux carnets de poésie, écrits par le médecin causapscalien, font aussi partie de la collection.

Il y aura bientôt un siècle, le Dr Frenette s'installait à Causapscal. Sa mémoire est toujours aussi vivante grâce à ses enfants et petits enfants qui ont su préserver le riche patrimoine légué par leurs parents. L'exposition Joseph Frenette médecin de campagne, tenue en 1999, à permis de pénétrer l'univers fascinant d'un cabinet de médecin du début du siècle et de se replonger dans son environnement familial.